Citations - Jean Guitton

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Jean Guitton (1901 - 1999), philosophe français.

Œuvres

Le travail intellectuel

  • Il faut remarquer que ce n'est pas la quantité, mais la qualité des exemples qui prouve. Les petits esprits opèrent par la quantité. Les grands esprits opèrent par la qualité et l'approfondissement. Ils choisissent parmi tous les exemples possibles un exemple significatif et le creusent jusqu'au bout. Toutefois, après avoir analysé un fait typique, il est bon de montrer qu'on en connaît beaucoup d'autres. On appelle cette figure de rhétorique l'allusion. En parlant par allusion, on économise sa science, on montre son intelligence, on ouvre des vues. Enfin toute allusion flatte le lecteur.
  • L'éducateur parfait est celui qui voit dans tout imbécile qui se connaît un intel­ligent qui se méconnaît, comme dans tout intelligent satisfait un imbécile qui s'ignore.
  • Qu'est-ce que le chômage, sinon l'inévitable rançon du machinisme ? Le chô­mage a un aspect humain et favorable, qui est de multiplier le loisir. Approche le moment où le chômage, s'étendant aux « cadres », va libérer le cerveau de toutes ses opérations imitables par la machine ; une grave part du travail de l'esprit sera fait par des mécanismes. Alors croîtra l'heure de la liberté : le loisir, le temps de l'École. École chez les Grecs signifiait loisir.
  • Il semble que le premier conseil à donner à celui qui travaille, c'est de chercher d'abord à entrer dans la connaissance de lui-même, ce qui ne consiste pas à se prendre la tête entre les mains et à se plonger dans l'abîme intérieur où l'on ne voit rien, mais à repasser par la mémoire ce qu'on a fait pendant la dernière semaine, à nombrer les heures où l'on a travaillé effectivement, à discerner ce qu'on a man­qué et ce qu'on a réussi. Cette reconnaissance de ses forces est bien nécessaire, car les plus sottes idées sont les plus répandues, les programmes laissant croire que no­tre savoir peut être encyclopédique. L'âge scolaire apprend à parler par allusion de ce que nous ignorons. C'est l'art suprême du rhétoricien, et qui lui permet d'envisager bien des réussites. Mais l'homme fait continue ce régime d'esprit, qui n'est pas si déplaisant.
  • Partout il faut renoncer aux règles, si l'on veut atteindre au savoureux de son art. Mais cet écart suppose qu'on les possède, puisqu'on les outrepasse.
  • Il est bon de garder auprès de soi un être insolent qui réveille vos parties faibles, et qui vous force à chercher des preuves, celui qui voit en noir ce que vous voyez en clair, afin de mieux jouir de ce qu'on possède ou de tempérer ses certitudes.
  • Un vrai livre est écrit en vertu d'une nécessité, comme une vraie lecture est celle qu'on fait en état de faim et de désir.
  • Il est vrai qu'une pudeur empêche d'écrire ses propres pensées : c'est leur donner, pense-t-on, un habillement qui va permettre aux autres de les voir ; plusieurs pré­fè­rent les enfouir, ou les rédiger sur des feuilles qu'ils froissent aussitôt. Puis il est arrivé à beaucoup, ayant inscrit sur un cahier ce qu'ils croyaient leur être le plus propre, de s'apercevoir quelques années après combien leurs notes étaient banales. S'il suffisait d'être sincère pour être original, nous serions tous artistes !

Attribuées

  • Si je parle à quelqu'un, je le regarde et nous sommes reliés ; je ne peux plus reculer, il faut que lui envoie le produit de ma réflexion, ou ma spontanéité, ou mes explications. L'autre n'est plus un ennemi : il devient un partenaire.