Citations - Jacques Attali

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Jacques Attali (1943 - ), écrivain et essayiste français.

Sommaire

Œuvres

Au propre et au figuré

  • Ce qui change le moins chez l'homme, ce sont les questions qu'il se pose sur lui-même.

Bruits

  • L'usage n'est plus que l'affichage de la vitesse de l'échange.
  • La musique d'ambiance n'est pas innocente. Elle n'est pas qu'une façon de dominer les bruits pénibles du travail. Elle peut être l'annonce du silence général des hommes.
  • La musique est plus qu'objet d'étude : elle est un moyen de percevoir le monde. Un outil de connaissance.
  • La musique est prophétie.
  • Les vedettes ont toujours l'âge idéalisé de leur public.
  • Traversée directement par les désirs et les pulsions, la musique n'a jamais eu d'autre sujet que le corps.

Économie de l'apocalypse

  • Pour se protéger d'une épée, il faut un bouclier. Or construire un bouclier contre l'arme nucléaire s'est révélé jusqu'ici impossible.

Europe(s)

  • Aujourd'hui encore l'Amérique se pense elle-même comme un lieu où les Européens peuvent se réfugier et trouver la liberté.
  • Chacun, en Europe(s), souhaite, au mieux, rejoindre le nouveau monde ; au pire, en suivre les aventures à la télévision.
  • Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime.
  • Il ne faut jamais laisser vivre trop longtemps un organigramme.
  • Quand une institution démarre, ceux qui la composent se demandent ce qu'ils peuvent faire pour elle ; puis ce qu'elle peut faire pour eux.
  • Quiconque est un jour la cible d'une rumeur devient ensuite vulnérable à toutes les autres.

Fraternités - Une nouvelle utopie

  • L'autre est le seul moyen d'être certain de sa propre existence.
  • L'Éternité, l'Égalité et la Liberté sont des droits, la Fraternité est une obligation morale.
  • L'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures.
  • L'utopie est toujours une affaire d'aube, de lève-tôt ou de rêveurs éveillés.
  • L'utopie n'est que le nom donné aux réformes lorsqu'il faut attendre les révolutions pour les entreprendre.
  • La haine vient de la ressemblance.
  • La parole est la première démonstration de la nécessité de l'autre.
  • La politique, même la plus généreuse, n'est pas affaire de bons sentiments.
  • La ville est le seul être vivant capable de rajeunir vraiment.
  • Le marché pénalise les minorités pauvres, alors que la démocratie pénalise les minorités riches.
  • Le nomade ne se met pas en marche s'il n'a pas une Terre promise à laquelle rêver.
  • Les hommes sont-ils capables de laisser les autres être heureux ?
  • Moi, Tout, Partout, Tout de suite. - Tel est l'art du temps.
  • On ne peut contraindre personne à se montrer fraternel.
  • On peut forcer quelqu'un à faire quelque chose, on ne peut pas le forcer à y trouver son bonheur.
  • Pour beaucoup d'humains, la liberté des autres est l'ennemi de leur survie.
  • Pour promettre l'Eternité, les religions restreignent les Libertés.
  • Si l'on trouve du plaisir au bonheur d'autrui, c'est avant tout parce que l'autre est nécessaire à son propre bonheur.
  • Une société se meurt quand les hommes y oublient de se méfier de leurs frères.
  • Y-a-t-il encore place aujourd'hui pour des utopies après tant et tant de crimes perpétrés en leur nom ?

La vie éternelle

  • Les Justes meurent malgré leur justesse, les méchants survivent malgré leur méchanceté.
  • Nul adulte n'a jamais compris que, pour l'enfant, la solitude est pire que la douleur.
  • Parfois, il y a plus de grandeur à attendre que le flot vous emporte qu'à se débattre contre le courant.
  • Pourquoi punir le valet pour le crime du maître ?
  • Toute mort est la première.

La voie humaine

  • Bien des métiers marchands pourraient être remplacés progressivement par des activités gratuites et bénévoles, ce qui pourrait réduire la nécessité de disposer d'un revenu pour en bénéficier.
  • La démocratie en Occident n'est plus, pour beaucoup, la grande affaire pour laquelle tant de générations se sont battues.
  • La marchandisation gagnant tout, jusqu'à l'homme lui-même, le monde deviendra une foire parcourue de bandes rivales.
  • La survie de la langue passe par celle de la Culture qu'elle véhicule.
  • Le pouvoir et la richesse de chaque individu ne se limitent pas à ses ressources matérielles et à ses moyens de production. Chacun est avant tou riche de sa santé, de son savoir, des relations qu'il entretient avec les autres.
  • Le Temps est le bien le plus rare parce que c'est le seul bien qu'on ne puisse ni produire, ni donner, ni échanger, ni vendre.
  • Les biens essentiels sont l'ensemble des biens nécessaires à chaque personne pour pouvoir choisir librement son temps, pour avoir accès au « bon temps ».
  • Plus personne, ou presque, ne croit que changer la vie des autres est important pour soi.
  • Plus personne, ou presque, ne pense que voter peut changer significativement sa condition, a fortiori celle du monde.

Le bonheur, la vie, la mort, Dieu...

  • Notre époque ne fait plus de musique. Elle camoufle par du bruit la solitude des hommes en leur donnant à entendre ce qu'elle croit être de la musique.

Le premier jour après moi

  • Egoïsme de prétendre vivre pour les autres : nul n'a besoin que l'on vive pour lui.
  • Et si la mort n'était qu'une infinie répétition du premier jour ?
  • Être mort, est-ce commencer à s'intéresser au chagrin des autres ?
  • L'enfer c'est peut-être ça : aller seul au bout de soi-même et se laisser happer par des hélices de plus en plus rapides, au cœur de sa propre misère.
  • Le neuf suscite la colère des habitudes.
  • Si tu as été aimé, si tu as donné du bonheur ou de l'espérance, il se trouvera forcément quelqu'un, au jour de ta mort, pour te fermer les yeux, quelqu'un pour rassembler tes amis, organiser une veillée et t'entourer de tes souvenirs les plus chers.

Les chemins de la sagesse

  • Il n'est rien de plus urgent que d'apprendre la patience, le plaisir de se perdre, la ruse et le détour, la danse et le jeu, pour se retrouver capable de façonner sa vie comme une ironique Œuvre d'art.
  • La femme est le premier labyrinthe de l'homme.
  • La sagesse du futur, celle qui évitera le suicide de l'humanité, ne consistera plus à gagner du temps mais à le remplir, à le vivre, à en prendre toute la mesure.

Les trois mondes (pour une théorie de l'après-crise)

  • Ce qu'on nomme l'Histoire n'est qu'un roman inlassablement réécrit.
  • Ce qu'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du monde.
  • Il n'est de désir que dans la jalousie.
  • L'histoire s'écrit et se réécrit comme un livre. Elle est faite de mémoire et d'intuition.
  • La monnaie n'est qu'un parasite dans le fonctionnement de l'économie de marché. Un parasite dangereux, à domestiquer, parce qu'on ne peut pas l'éliminer.
  • La politique n'agit sur l'économie que si elle ne prétend pas le faire.
  • La présence des autres est créatrice de violence. Car les autres sont au moins deux : l'un devient rival, l'autre l'objet de la rivalité.
  • Le monde n'est pas racontable d'un discours unique : l'universel n'en est pas la loi ; l'harmonie n'en est pas la règle.
  • Tout ordre qui élimine l'esthétique comme langue et la séduction comme parole implique inévitablement la dictature.
  • Un discours est recevable dès l'intant qu'il produit un sens du monde pour celui qui l'énonce.
  • Une société se définit par la langue qui la structure et qui donne une signification aux informations qu'on y échange.
  • Une théorie est vraie si elle est énonçable selon les règles de la logique formelle, et si ses conséquences sont vérifiables par tout observateur.

Lignes d'horizon

  • Contempler sa bibliothèque, c'est rêver qu'on ne saurait mourir avant d'avoir lu tous les livres qui la remplissent.
  • Il n'y a pas de richesse sans créativité, ni de créativité sans démocratie.
  • Il revient à chacun de privilégier le droit à la dignité plutôt que le droit d'être le plus fort.
  • Jamais une démocratie n'a fait jusqu'ici la guerre à une démocratie.
  • La création apparaîtra bientôt comme une activité socialement nécessaire, un travail utile et non plus un loisir.
  • La création est le seul substitut raisonnable à la violence.
  • La drogue est le nomadisme de l'exclu.
  • La Terre est un objet vivant parcouru de nomades de plus en plus nombreux.
  • Le désordre est l'état naturel du monde, la forme organisée y est l'exception.
  • Les médias servent d'amplificateurs de menaces.
  • On ne peut désigner le sommet d'une pyramide sans localiser sa base.
  • Pour tous, il faudra faire de la création une ambition, de l'invention une exigence, du nouveau une nécessité !
  • Rien, heureusement, n'est moins prévisible que la démocratie.
  • Seul l'avenir donne un sens au passé.

Nouv’Elles

  • La célébrité est une malédiction dont tous les hommes voudraient être les victimes.
  • La lucidité n'est rien d'autre qu'une ivresse de puissants.
  • Pour avoir droit à une étincelle d'éternité, il faut avoir aimé.
  • Tout ce qui est encore beau à trente ans est triste à cinquante et grotesque à soixante.

Verbatim III (1988-1991)

  • À tout niveau, partout dans le monde, ceux qui se disent puissants consacrent un temps considérable à tenter de faire croire qu'ils ont de l'influence sur les nominations afin d'attirer sur eux attentions, faveurs, considérations d'autres puissants.
  • Chez tout acteur mêlé aux affaires du monde, les événements ne sont qu'une succession de chocs, d'émotions, de caprices, de coïncidences le plus souvent improbables.
  • Comme au temps des plus anciens, nommer c'est reconnaître, c'est faire exister, c'est rendre éternel.
  • Le trafic d'influences constitue le pain quotidien du pouvoir.
  • Nommer est le plus manifeste et le plus futile des pouvoirs, celui qui fascine le plus, qui attise le plus de convoitises, qui occupe le plus les conversations et mobilise le plus les esprits de tous ceux qui sont associés aux affaires publiques.

Média

Entrevue dans le M&F (Avril 2000)

  • La tragédie de l'homme, c'est que quand il peut faire quelque chose, il finit toujours par le faire.

Entrevue sur PlaNet

  • Bien sûr, plus personne ne peut imaginer aujourd'hui une entreprise sans infrastructure Internet, comme le téléphone était indispensable.
  • Depuis le 11 septembre, les entreprises européennes et américaines comprennent mieux que jamais les nécessités de lutter contre la misère. Et beaucoup d'autres comprennent les exigences de l'éthique et de l'économie solidaire. Extrait d'une Entrevue sur PlaNet
  • [En parlant d'Internet] ..., Il faut créer les institutions publiques qui décideront de ce qui doit être gratuit, de ce qui doit être confidentiel. Si on laisse, comme aujourd'hui, ces choix au marché, le cadastre, c'est à dire le cryptage et la commercialisation s'installeront partout. Internet aura perdu sa raison d'être. Extrait d'une Entrevue sur PlaNet
  • Internet réduit les distances et, en cela, il accélère la prise de conscience de la petitesse de la planète. Ceux qui manifestent contre la mondialisation demandent, pour la plupart, plus de mondialisation, et non pas moins. Plus de contrôle global. Et Internet sera un formidable instrument de gouvernance. Extrait d'une Entrevue sur PlaNet
  • L'Amérique a aussi été le théâtre de faillites, de crises, de déceptions, d'escroquerie. Cela ne l'a pas empêché d'être le continent de toutes les promesses et des plus fabuleuses réussites. Extrait d'une Entrevue sur PlaNet

France Culture (télévision, 1994)

  • C'est plus facile d'avoir chacun son dieu, ça permet d'être Dieu soi-même.

Le Monde (journal, 9 Novembre 1995)

  • Quiconque a essayé un jour d'entrer dans Internet sait qu'il ne faudrait pas parler d'« autoroutes » de l'information mais plutôt de labyrinthes.

Le Nouvel Observateur (journal)

  • Le temps a ceci de singulier qu'il s'écoute.

Libération (journal, 5 Mai 2000)

  • Certaines fortunes se font plus sur la ruée que sur l'or. Mais ça ne prouve pas qu'il n'y ait pas d'or.
  • L'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique.

Attribuées

  • À côté de la citoyenneté nationale est en train de naître une citoyenneté planétaire. Le monde a besoin d'un forum où les opinions publiques pourraient débattre des intérêts vitaux de la planète. Un tel forum pourrait être une seconde chambre de l'ONU, à côté de l'Assemblée Générale.
  • Avoir du pouvoir, c'est contrôler le temps des autres le sien propre, le temps du présent et celui de l'avenir, le temps du passé et celui des mythes.
  • La machine clé de l'âge industriel moderne n'est pas la machine à vapeur, c'est l'horloge
  • Pour gérer la mondialité des problèmes... il faut accepter d'impopulaires abandons de souveraineté.
  • Si j'ai une voiture, j'ai intérêt à ce que personne n'en ait, pour éviter les embouteillages. Mais si j'ai un téléphone, et que personne d'autre n'en possède, alors ce téléphone ne me sert à rien.
  • Supprimer les guillemets des citations : une manière élégante de recycler les idées usagées.
  • Un grand économiste, c'est quelqu'un qui saura très bien expliquer demain pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas produit aujourd'hui.