Citations - Benjamin Constant

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Benjamin Constant de Rebecque (1767 - 1830), homme politique et écrivain français.

Sommaire

Œuvres

Adolphe

  • Ce n'est pas le plaisir, ce n'est pas la nature, ce ne sont pas les sens qui sont corrupteurs ; ce sont les calculs auxquels la société nous accoutume, et les réflexions que l'expérience fait naître.
  • Combien elle me pesait, elle, liberté que j'avais tant regrettée ! Combien elle manquait à mon cœur, cette dépendance qui m'avait révolté souvent ! Naguère, toutes mes actions avaient un but ; j'étais sûr, par chacune d'elles, d'épargner une peine ou de causer un plaisir : je m'en plaignais alors ; j'étais impatienté qu'un seul œil ainsi observât mes démarches, que le bonheur d'une autre y fût attaché. Per­sonne maintenant ne les observait ; elles n'intéressaient personne ; nul ne me dispu­tait mon temps ni mes heures ; aucune voix ne me rappelait quand je sortais ; j'étais libre en effet ; je n'étais plus aimé : j'étais étranger pour tout le monde.
  • Dès qu'il existe un secret entre deux cœurs qui s'aiment, dès que l'un d'eux a pu se résoudre à cacher à l'autre une seule idée, le charme est rompu, le bonheur est détruit. L'emportement, l'injustice, la distraction même, se réparent ; mais la dissimulation jette dans l'amour un élément étranger qui le dénature et le flétrit à ses propres yeux.
  • Et telle est la bizarrerie de notre cœur misérable, que nous quittons avec un déchirement horrible ceux près de qui nous demeurions sans plaisir.
  • Il s'établit donc, dans le petit public qui m'environnait, une inquiétude vague sur mon caractère. On ne pouvait citer aucune action condamnable ; on ne pouvait même m'en contester quelques unes qui semblaient annoncer de la générosité ou du dévouement ; mais on disait que j'étais un homme immoral, un homme peu sûr: deux épithètes heureusement inventées pour insinuer les faits qu'on ignore, et lais­ser deviner ce qu'on ne sait pas.
  • Je contractais l'habitude de ne jamais parler de ce qui m'occupait, de ne me soumettre à la conversation que comme une nécessité importune, et de l'animer alors par une plaisanterie perpétuelle qui me la rendait moins fatigante, et qui m'aidait à cacher mes véritables pensées. De là une certaine absence d'abandon qu'aujourd'hui encore mes amis me reprochent, et une difficulté pour causer sérieusement que j'ai toujours peine à surmonter.
  • Je la sentais meilleure que moi ; je me méprisais d'être indigne d'elle. C'est un affreux malheur que de être pas aimé quand on aime ; mais c'en est un bien grand d'être aimé quand on n'aime plus.
  • Je me disais qu'il était doux d'être aimé, même avec exigence ; je sentais que je lui faisais du bien : son bonheur m'était nécessaire, et je me savais nécessaire à son bonheur.
  • La mort, mystère inexplicable, dont une expérience journalière paraît n'avoir pas encore convaincu les hommes.
  • Malheur à l'homme qui, dans les premiers moments d'une liaison d'amour, ne croit pas que cette liaison doit être éternelle !
  • Nous avions prononcé tous deux des mots irréparables ; nous pouvions nous taire mais non les oublier.
  • Nous sommes des créatures tellement mobiles, que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver.
  • Presque toujours, pour vivre en repos avec nous-mêmes, nous travestissons en calculs et en systèmes nos impuissances ou nos faiblesses : cela satisfait cette portion de nous qui est, pour ainsi dire, spectatrice de l'autre.
  • Qui que vous soyez, ne remettez jamais à un autre les intérêts de votre cœur ; le cœur seul peut plaider sa cause : il sonde seul ses blessures ; tout intermédiaire devient un juge ; il analyse, il transige, il conçoit l'indifférence ; il l'admet comme possible, il la reconnaît pour inévitable ; par là même il l'excuse, et l'indifférence se trouve ainsi, à sa grande surprise, légitime à ses propres yeux. [...] C'est un grand pas, c'est un pas irréparable, lorsqu'on dévoile tout à coup aux yeux d'un tiers les replis cachés d'une relation intime ; le jour qui pénètre dans ce sanctuaire constate et achève les destructions que la nuit enveloppait de ses ombres : ainsi les corps renfermés dans les tombeaux conservent souvent leur première forme, jusqu'à ce que l'air extérieur vienne les frapper et les détruire en poudre.
  • Sachez que l'on ne gagne rien à prolonger une situation dont on rougit. Vous consumez inutilement les plus belles années de votre jeunesse, et cette perte est ir­réparable.

Cécile

  • Les précautions qu'il prit pour que ce pressentiment ne se réalisât point furent précisément ce qui le fit se réaliser.

Corinne

  • Qu'est-ce donc que l'amour, quand il prévoit, quand il calcule le moment où il n'existera plus.

De l'esprit de conquête et de l'usurpation

  • Certains gouvernements, quand ils envoient leurs légions d'un pôle à l'autre, parlent encore de la défense de leurs foyers ; on dirait qu'ils appellent leurs foyers tous les endroits où ils ont mis le feu.
  • L'arbitraire est au moral ce que la peste est au physique.
  • La variété, c'est de l'organisation ; l'uniformité, c'est du mécanisme. La variété, c'est la vie ; l'uniformité, c'est la mort.
  • Le ridicule attaque tout, et ne détruit rien.

De la liberté chez les modernes

  • Combien il vaut mieux souffrir de l'oppression de ses ennemis que rougir des excès de ses alliés.

Journal intime

  • C'est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l'offensive : l'homme attaqué transige toujours.
  • Énigme du monde, j'ai peur qu'elle n'ait que deux mots : propagation pour les espèces et douleur pour les individus.
  • Il faut remercier les hommes le moins possible parce que la reconnaissance qu'on leur témoigne les persuade aisément qu'ils en font trop !
  • Il faut se décider, agir et se taire.
  • La plupart des hommes, en politique, comme en tout, concluent des résultats de leurs imprudences à la fermeté de leurs principes.
  • Les hommes qui passent pour être durs sont de fait beaucoup plus sensibles que ceux dont on vante la sensibilité expansive. Ils se font durs parce que leur sensibilité, étant vraie, les fait souffrir.

Le cahier rouge

  • Presque tous les vieux gouvernements sont doux parce qu'ils sont vieux et tous les nouveaux gouvernements durs, parce qu'ils sont nouveaux.

Le diable amoureux

  • Tendre mère ! Vous ne m'abandonnez pas, même en rêve.

Principes de politique

  • Aussitôt qu'un homme a le nécessaire, il ne lui faut que de l'élévation dans l'âme pour se passer du superflu.
  • L'excès des impôts conduit à la subversion de la justice, à la détérioration de la morale, à la destruction de la liberté individuelle.

Correspondances

Lettre

  • J'éprouve un charme inexprimable à marcher en aveugle au-devant de ce que je crains.

Lettre à Sismonde de Sismondi (13 Août 1813)

  • Je suis comme un paralytique qui a trouvé dans l'immobilité leur moyen d'éviter les chutes.

Discours

Discours (23 Février 1825)

  • Le droit à l'insurrection n'appartient à personne, ou il appartient à tous. Aucune classe ne peut faire de l'insurrection un monopole.

Observations sur le discours prononcé par S.E. le ministre de l'intérieur (20 Août 1814)

  • L'unique garantie des citoyens contre l'arbitraire, c'est la publicité.

Attribuées

  • C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime. Mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus.
  • Confiez au passé sa propre défense, à l'avenir son propre accomplissement.
  • Je suis trop sceptique pour être incrédule.
  • La guerre et le commerce ne sont que deux moyens différents d'arriver au même but : celui de posséder ce que l'on désire.
  • La multiplicité des lois flatte dans les législateurs deux penchants naturels, le besoin d'agir et le plaisir de se croire nécessaires.
  • La reconnaissance a la mémoire courte.
  • Les peuples qui n'ont plus de voix n'en ont pas moins de la mémoire.
  • Ne soyez ni obstinés dans le maintien de ce qui s'écroule, ni trop pressés dans l'établissement de ce qui semble s'annoncer.
  • Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose.
  • Si je me montrais aux autres comme je suis, ils me croiraient fou. Mais s'ils se montraient à moi ce qu'ils sont, peut-être les croirais-je fous aussi ?